Laval. Un Starbucks. En plein jour, les balles sifflent, la clientèle se fige, et un acteur majeur du crime organisé tombe sous les coups de feu. Cette scène de film, survenue hier, a aussitôt provoqué l’indignation et la panique dans la population. Le ministre québécois de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, est monté au front pour réclamer « des peines plus sévères » contre les mineurs impliqués dans le crime organisé. Mais derrière cette posture martiale se cache une vérité brute : le Québec n’a pas les clés de sa propre sécurité. Tant que nous dépendons du Code criminel canadien, nos ministres ne sont que des spectateurs qui implorent Ottawa de réagir.
Cette fusillade n’est pas un fait divers isolé. C’est un symptôme. Elle révèle une faille béante : l’instrumentalisation croissante de mineurs par le crime organisé. Et derrière cette faille, la cause profonde : la captivité juridique du Québec dans un cadre fédéral qui ne lui appartient pas.
Symptômes visibles : une jeunesse instrumentalisée
Le crime organisé n’est pas naïf. Il calcule. Il sait que recruter un mineur coûte moins cher et rapporte plus. Pourquoi? Parce que la loi canadienne, fondée sur la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), prévoit des peines plus légères, des mesures de réhabilitation priorisées et une barrière psychologique qui empêche la société de traiter ces jeunes comme des adultes. Résultat : des organisations criminelles confient désormais des contrats à des adolescents, conscients que les sanctions seront minimes.
Dans la bouche même du ministre Lafrenière : « On voit de plus en plus des contrats passés aux mineurs. Pourquoi? Parce qu’on leur dit : de toute façon, ta peine ne sera pas bien grave. » Voilà le constat clinique. Les criminels exploitent les failles d’un système qui ne dissuade pas. Et pendant ce temps, les commerçants se taisent, paient, se font racketter, parce qu’ils doutent que l’État puisse vraiment les protéger.
La conséquence est double :
- Une banalisation de la violence de rue, où les jeunes deviennent des pions sacrifiables.
- Une érosion de la confiance du peuple envers ses institutions, jugées incapables de protéger ceux qui se lèvent le matin pour travailler honnêtement.
Cause profonde : la captivité juridique du Québec
Le cœur du problème, ce n’est pas Lafrenière, ni même la Sûreté du Québec. Le cœur du problème, c’est Ottawa. Le Code criminel relève exclusivement du Parlement canadien. Aucun gouvernement provincial n’a le pouvoir de créer de nouvelles infractions criminelles ni de définir ses propres peines. Autrement dit, un ministre québécois peut bien s’indigner, mais il ne fait que quémander à Ottawa une modification du code.
Cette dépendance structurelle est flagrante. Quand la France a créé une infraction spécifique sanctionnant lourdement le fait de recruter un mineur pour commettre un délit, Paris a agi souverainement. Quand le Québec, lui, voudrait faire pareil, il est condamné à attendre la « bonne volonté » fédérale. Et chaque jour perdu est un jour de plus où des mineurs sont enrôlés, où des commerçants se taisent, où la violence s’enracine.
Contre-proposition souverainiste : un Code criminel québécois
Un Québec souverain aurait la capacité d’agir immédiatement. De définir son propre Code criminel, d’adopter ses propres priorités, d’équilibrer sanctions et réhabilitation selon sa réalité nationale. Voici à quoi ressemblerait une réforme souverainiste :
- Création d’une infraction distincte : le recrutement d’un mineur par le crime organisé deviendrait un crime majeur, passible de peines exemplaires pour l’adulte recruteur, plus sévères que pour l’adolescent exécutant.
- Responsabilisation différenciée : les mineurs, plutôt que d’être abandonnés aux seules sanctions, seraient pris en charge par des programmes de réhabilitation accélérée : insertion professionnelle, suivi psychologique intensif, formation obligatoire.
- Service national de renseignement criminel : un Québec indépendant bâtirait sa propre agence de renseignement, capable de cibler les réseaux de recrutement, notamment ceux qui opèrent via les réseaux sociaux. Aujourd’hui, c’est Ottawa qui gère la GRC et le SCRS. Demain, ce serait Québec.
- Souveraineté numérique : une architecture locale de cybersécurité permettrait de tracer les communications, de bloquer les plateformes de recrutement criminel, et de protéger les données judiciaires du Québec, sans dépendre d’infrastructures fédérales.
- Justice de proximité : en simplifiant les procédures et en décentralisant la gestion des dossiers, les victimes et témoins auraient accès à une justice rapide et transparente, sans se heurter aux lourdeurs fédérales.
Leviers opérationnels concrets
Une vision ne vaut rien sans leviers pratiques. Voici ceux que le Québec peut déjà enclencher, même avant l’indépendance, pour préparer le terrain :
- Adopter une loi-cadre québécoise sur la sécurité intérieure, qui établit la doctrine nationale de lutte au crime organisé, et prépare le basculement vers un code criminel québécois.
- Créer un registre national des crimes commis par ou sur des mineurs, pour mesurer en temps réel le phénomène.
- Financer la prévention et la réhabilitation par les biens saisis au crime organisé, garantissant que l’argent volé au peuple serve à protéger la jeunesse.
- Lancer des brigades mixtes SQ-écoles, spécialisées dans la prévention du recrutement criminel dès le secondaire.
- Mettre en place un indicateur de confiance citoyenne, mesurant chaque année la proportion de commerçants et de citoyens prêts à dénoncer les crimes sans peur de représailles.
Ces leviers préparent une transition douce : de la captivité canadienne vers la pleine souveraineté québécoise en matière criminelle.
Horizon indépendantiste : transformer la sécurité en outil de liberté
La sécurité n’est pas un thème secondaire. Elle touche à la légitimité même de l’État. Un peuple qui n’est pas capable de protéger ses jeunes et ses commerçants est un peuple qui doute de lui-même. Or, le doute est l’arme la plus puissante du fédéralisme : il nourrit l’idée que « seuls » Ottawa et ses institutions peuvent nous protéger.
Le Québec doit inverser la charge. Ce n’est pas à nous de prouver que nous sommes capables de gérer la criminalité. C’est au Canada de prouver qu’il est encore utile. Et chaque fusillade, chaque mineur enrôlé, chaque commerçant terrorisé prouve que le fédéral échoue.
Dans un référendum, la question ne sera pas : « Le Québec peut-il faire mieux? » La vraie question sera : « Pourquoi resterions-nous dépendants d’Ottawa qui échoue, alors que nous pourrions agir souverainement, immédiatement? »
Ottawa, archaïsme lourd – Québec, pivot souverain
Ottawa gère la criminalité avec la lourdeur d’un éléphant. Ses lois sont pensées pour plaire à toutes les provinces, donc adaptées à aucune. Son système de renseignement protège d’abord ses alliances étrangères (Five Eyes, OTAN), pas les réalités locales de Montréal, Laval ou Trois-Rivières.
À l’inverse, un Québec souverain serait agile, connecté, ciblé. Il bâtirait une sécurité nationale à échelle humaine, une justice de proximité, et une cybersécurité alignée sur ses propres priorités. Le contraste est clair :
- Ottawa = bruit, lenteur, centralisation.
- Québec souverain = cap, rapidité, autonomie.
La signature émotionnelle : protéger nos enfants
Au-delà des chiffres et des codes juridiques, il y a une vérité simple : nos enfants. Que vaut une nation si elle est incapable de protéger sa jeunesse de l’exploitation par le crime? Que vaut un État si ses commerçants doivent payer en silence pour survivre?
Un Québec indépendant, c’est un Québec qui prend soin de ses enfants, qui les libère du piège criminel, qui les réinsère plutôt que de les abandonner comme chair à canon. C’est un Québec qui dit aux commerçants : « Vous n’êtes pas seuls. Votre État est souverain, il agit pour vous, il ne dépend de personne d’autre. »
Conclusion : de la fusillade à la souveraineté
La fusillade de Laval n’est pas un épisode isolé. C’est une alerte rouge. Elle nous montre que la dépendance fédérale est une faiblesse mortelle. Ian Lafrenière, malgré ses bonnes intentions, n’a aucun pouvoir de créer les peines qu’il réclame. Il est prisonnier d’Ottawa. Et tant que nous restons dans ce carcan, nos jeunes continueront d’être manipulés, nos commerçants continueront de payer, et nos rues continueront d’être ensanglantées.
Le choix est clair.
- Rester captifs, supplier Ottawa, subir.
- Ou devenir souverains, écrire notre propre Code criminel, protéger nos jeunes, rassurer nos commerçants, et bâtir un Québec qui agit pour lui-même.
Voter PQ, c’est voter pour préparer ce code, pour bâtir les institutions. Voter OUI, c’est franchir la ligne et faire du Québec un État souverain capable de garantir la sécurité de son peuple.
L’indépendance n’est pas un rêve. Elle est la condition même de notre sécurité nationale. Elle est le seul antidote.