Le faux ménage de la CAQ
François Legault promet un « grand ménage » dans la bureaucratie après avoir ajouté plus de 10 000 postes à temps plein. Résultat : un État encore plus lourd, fragmenté, paralysé par ses propres structures.
Il parle d’efficacité, mais n’a jamais attaqué la racine du problème : la duplication des appareils, les couches intermédiaires inutiles et les ministères qui se marchent dessus.
Le ménage selon PSPP : rationalisation systémique, pas dégraissage aveugle
Paul St-Pierre Plamondon, lui, parle d’un ménage intelligent et structurel, pas idéologique. Le PQ ne veut pas « couper pour couper ». Il veut fusionner, automatiser et reprogrammer les fonctions publiques pour que chaque emploi contribue directement à la mission souveraine de l’État.
« Ce n’est pas la taille de l’État qui pose problème, c’est son architecture », résume un proche du chef péquiste.
Sous PSPP, le ménage se ferait comme une refonte logicielle : on efface les doublons, on réécrit le code, on garde les modules essentiels.
Du fonctionnaire-paperasse au fonctionnaire-algorithme
La fonction publique québécoise souffre d’une obésité administrative — mais pas d’un manque de talent.
Le PQ veut réorienter les effectifs plutôt que les réduire brutalement :
Création d’un registre unique des données publiques, pour éliminer les vérifications multiples.
Automatisation de la reddition de comptes.
Transformation du rôle des agents administratifs en analystes de données publiques, capables d’évaluer la performance réelle de l’État.
C’est la transition du fonctionnaire-paperasse vers le fonctionnaire-algorithme : un État qui pense et agit, pas qui coche des cases.
Recomposition institutionnelle : moins de structures, plus de sens
PSPP propose plusieurs nouvelles instances (Protecteur des aînés, ministère des Aînés, bureau de la concurrence, etc.), mais ces annonces ne visent pas à multiplier les couches : elles visent à remplacer les structures inefficaces par des unités cohérentes.
Par exemple :
Santé Québec serait abolie pour ramener les leviers de décision directement au ministère.
Le Directeur parlementaire du budget deviendrait le gardien d’une discipline financière permanente.
Les bureaux thématiques (culture, protection animale, consommateurs) seraient intégrés dans une architecture logicielle unique plutôt que dans des silos institutionnels.
Autrement dit, chaque ajout remplace une perte de sens existante.
Une philosophie de l’efficacité souveraine
Le PQ applique ici une logique inspirée du génie logiciel :
Réduction de la latence institutionnelle (moins d’étapes entre la décision et l’action).
Modularité administrative (des unités spécialisées interconnectées).
Interopérabilité des systèmes publics (données communes, processus standardisés).
Ce n’est donc pas une promesse comptable de « coupes budgétaires », mais un projet d’État opérant — un État souverain, capable d’agir vite et bien.
L’épreuve du réalisme
Les adversaires du PQ ironisent : comment promettre de « réduire » l’État tout en annonçant des créations ?
Mais la cohérence péquiste repose sur un fait simple : un État plus intelligent coûte moins cher qu’un État plus gros. Moins de directeurs, moins de sous-ministres adjoints, moins de doublons informatiques — mais plus d’agents de terrain et d’experts.
L’objectif est clair : retrouver la maîtrise des leviers publics sans sacrifier la mission sociale du Québec.
Le vrai ménage, c’est la refondation
Si Legault a empilé des structures, PSPP veut recomposer l’architecture gouvernementale comme un ingénieur reconstruit un système.
Pas de grand coup de balai aveugle :
un plan de migration des ministères vers des plateformes intégrées,
une rationalisation des agences,
et une refonte complète du contrôle administratif.
C’est la fin de l’État bricoleur, le début de l’État opérant.
Conclusion : du chaos bureaucratique à la souveraineté fonctionnelle
La CAQ a géré l’État comme une PME mal tenue. Le PQ, lui, veut en faire un système national performant, où chaque dollar public produit une valeur collective tangible. La question n’est donc pas « combien de fonctionnaires », mais quelle architecture de l’État voulons-nous ? Et à cette question, PSPP apporte la seule réponse crédible : celle d’un Québec maître de ses moyens, maître de son code, maître de son destin.