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Analyses

Ottawa veut aider Québec à combattre l’itinérance : coopération véritable ou nouvelle dépendance financière ?

16 minutes de lecture

Mark Carney promet de collaborer avec le prochain gouvernement québécois pour lutter contre l’itinérance. L’ouverture est bienvenue dans un contexte où les besoins dépassent les capacités de nombreux organismes et municipalités. Mais derrière cette volonté affichée se trouve une question essentielle : Ottawa entend-il contribuer à une politique définie par Québec ou conserver une influence sur les décisions grâce à ses programmes de financement ?

Une main tendue qui ne constitue pas encore un engagement financier

Le 8 octobre 2026, de passage à Sherbrooke, le premier ministre canadien Mark Carney a confirmé qu’Ottawa participerait au sommet sur l’itinérance que souhaite organiser Paul St-Pierre Plamondon après son arrivée au pouvoir.

Les deux dirigeants avaient discuté de cette question lors de leur premier entretien téléphonique, au lendemain de la victoire électorale du Parti québécois.

Carney reconnaît l’ampleur de la crise et affirme vouloir collaborer avec Québec et les municipalités. Il évoque notamment la possibilité d’investissements fédéraux dans le logement très abordable et les logements de transition.

Son message est clair : « Le Canada va être là. »

Mais une distinction s’impose immédiatement.

Le gouvernement fédéral annonce sa volonté de participer. Il n’annonce pas encore une contribution financière supplémentaire précise.

Aucun nouveau montant destiné au Québec n’a été confirmé dans les déclarations rapportées par La Presse. Les modalités d’une éventuelle entente, les conditions de financement et le calendrier des versements demeurent inconnus.

Il serait donc prématuré de présenter cette ouverture comme une nouvelle victoire financière pour Québec ou, à l’inverse, comme une tentative démontrée de prise de contrôle fédérale.

Pour l’instant, il s’agit d’une intention politique.

La véritable portée de cette collaboration dépendra des décisions qui suivront.

Une crise dont l’ampleur est documentée

Le Québec fait face à une aggravation importante de l’itinérance.

Selon les résultats préliminaires du dénombrement réalisé le 15 avril 2025 et rendus publics par le ministère de la Santé et des Services sociaux le 9 avril 2026, environ 12 077 personnes se trouvaient en situation d’itinérance visible dans les 15 régions participantes.

Cela représente 1 873 personnes de plus que lors de l’exercice de 2022, dans le périmètre de comparaison présenté par le ministère.

Ces chiffres demeurent des estimations pour une nuit donnée. Ils ne comprennent pas nécessairement toutes les personnes qui vivent temporairement chez des proches, qui passent d’un logement précaire à un autre ou qui échappent aux mécanismes de dénombrement.

La réalité de l’itinérance dépasse donc ce que révèle une seule photographie statistique.

Elle touche aussi des personnes qui risquent de perdre leur logement à cause d’une hausse de loyer, d’une rupture familiale, d’une perte de revenu ou de difficultés de santé.

La réponse publique ne peut pas se limiter à l’augmentation du nombre de lits dans les refuges.

Les ressources d’urgence sont indispensables, particulièrement pendant l’hiver. Mais elles ne remplacent ni un logement stable ni l’accompagnement nécessaire pour le conserver.

C’est précisément dans cette continuité entre urgence, prévention, logement et services sociaux que la coordination gouvernementale devient déterminante.

Le Parti québécois prend un engagement mesurable

Pendant la campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé un plan d’un milliard de dollars sur quatre ans pour réduire l’itinérance de moitié d’ici 2030.

L’engagement présenté le 18 septembre 2026 prévoit 400 millions de dollars pour le logement adapté et 600 millions pour les programmes sociaux et la prévention.

Le Parti québécois propose notamment la construction de 2 000 logements destinés aux personnes en situation d’itinérance, intégrés à un objectif plus large de 20 000 logements sociaux.

Le plan comprend également l’embauche annoncée de 100 travailleurs sociaux, le renforcement des services en santé mentale, le soutien aux organismes communautaires et des interventions liées aux dépendances.

Il privilégie une approche appelée « Logement d’abord », qui consiste à favoriser l’accès rapide à un logement permanent, puis à offrir un accompagnement adapté aux besoins de la personne.

L’objectif politique est donc identifiable. Mais il reste à établir comment ces ressources seront mobilisées et à quel rythme les résultats pourront être obtenus.

Un milliard de dollars annoncé n’est pas un milliard dépensé.

Deux mille logements promis ne sont pas deux mille logements construits, occupés et accompagnés par des services fonctionnels.

De même, une réduction de moitié de l’itinérance devra être vérifiée à partir d’une méthode de mesure constante, d’une situation de départ clairement définie et de données comparables.

Le futur gouvernement devra notamment préciser si les sommes annoncées sont entièrement nouvelles, comment elles seront réparties entre les exercices financiers et quelles dépenses permanentes seront nécessaires après les quatre premières années.

Cette reddition de comptes relève d’abord de Québec.

L’arrivée éventuelle de fonds fédéraux ne devrait pas faire disparaître cette responsabilité.

Québec possède déjà des pouvoirs importants

La lutte contre l’itinérance ne constitue pas un domaine où le Québec serait dépourvu de moyens juridiques.

La santé, les services sociaux, l’aide sociale, une grande partie des politiques d’habitation et l’encadrement des municipalités relèvent de compétences que Québec exerce déjà.

Le gouvernement québécois peut financer des organismes, développer des programmes de prévention, soutenir le logement social, organiser les soins de santé mentale et modifier certaines règles qui influencent l’accès au logement.

Il peut également coordonner les interventions de ses ministères et établissements publics.

Le Plan d’action interministériel en itinérance 2021-2026 mobilisait d’ailleurs 23 ministères et organismes autour de la prévention, de l’accompagnement et de la coordination des services.

Autrement dit, une partie importante des décisions nécessaires appartient déjà au gouvernement québécois.

Cela ne signifie pas que Québec dispose de ressources illimitées ou qu’il peut résoudre seul tous les problèmes.

Ottawa possède ses propres leviers financiers, fiscaux et institutionnels. Ses politiques de logement et ses programmes de soutien peuvent contribuer aux solutions.

Cependant, l’existence d’un financement fédéral ne signifie pas que le gouvernement canadien doit nécessairement décider de l’organisation des services québécois.

Il faut distinguer le pouvoir de contribuer financièrement du pouvoir d’orienter les programmes.

Cette différence constitue le centre du débat.

Ottawa finance déjà la lutte contre l’itinérance

La collaboration annoncée par Mark Carney ne part pas de zéro.

Depuis plusieurs années, Ottawa et Québec concluent des ententes pour financer différentes interventions.

Le programme fédéral Vers un chez-soi constitue un exemple important.

Au Québec, plusieurs volets de ce programme sont administrés selon des ententes intergouvernementales destinées à respecter les compétences et les priorités des deux gouvernements.

Pour la période de 2019 à 2024, les ententes présentées par Québec totalisaient près de 175 millions de dollars de financement fédéral.

Le 13 décembre 2024, les deux gouvernements annonçaient également une entente de principe portant sur l’itinérance hors refuge et les campements.

Elle prévoyait près de 50 millions de dollars fédéraux sur deux ans, destinés à soutenir des interventions dans onze régions sociosanitaires du Québec.

Ces sommes provenaient d’une initiative fédérale déjà annoncée dans le budget de 2024.

Elles démontrent qu’une coopération financière est possible, même lorsque les deux gouvernements disposent de priorités et de responsabilités différentes.

Mais elles illustrent aussi une difficulté récurrente : les programmes publics se multiplient, les enveloppes se superposent et il devient parfois difficile pour les citoyens de savoir combien d’argent nouveau atteint réellement les services.

Lorsqu’un gouvernement annonce une contribution, il faut donc vérifier si celle-ci s’ajoute aux ressources existantes ou si elle représente le renouvellement d’un financement déjà prévu.

Une entente peut aussi prévoir une contribution ponctuelle alors que les dépenses qu’elle entraîne deviennent permanentes.

Construire un logement constitue un investissement. Assurer ensuite l’entretien du bâtiment et offrir des services d’accompagnement représentent des dépenses récurrentes.

Si ces dernières ne sont pas financées durablement, un projet peut devenir fragile malgré un investissement initial important.

C’est pourquoi la valeur d’une contribution ne se mesure pas seulement au montant annoncé.

Elle dépend aussi de sa durée, de ses conditions et de la capacité des organismes à maintenir leurs activités.

Le risque d’une dépendance financière

C’est ici que la question politique devient plus délicate.

Un gouvernement peut contribuer au financement d’un service sans en assurer directement l’exploitation. Il peut cependant exercer une influence par les conditions attachées aux sommes qu’il verse.

Cette influence peut prendre plusieurs formes : définition des dépenses admissibles, critères de sélection des projets, obligations de reddition de comptes, échéanciers ou exigences administratives.

Ces mécanismes ne sont pas nécessairement illégitimes.

Un gouvernement qui engage des fonds publics doit pouvoir vérifier leur utilisation. Les contribuables ont droit à une reddition de comptes sérieuse.

Le problème apparaît lorsque les conditions financières empêchent l’autorité responsable du service de répondre adéquatement aux besoins.

Imaginons une municipalité qui doit ouvrir rapidement des places d’hébergement. Elle possède les locaux, connaît les organismes capables d’intervenir et a identifié les besoins.

Si une enveloppe de financement ne permet de payer que certaines dépenses, sans couvrir le personnel ou les coûts d’exploitation nécessaires, l’argent annoncé risque de ne pas produire le résultat attendu.

De la même manière, un programme limité dans le temps peut permettre de lancer un service sans garantir sa survie.

Les organismes communautaires se retrouvent alors devant une difficulté bien connue : ils doivent répondre à des besoins permanents avec des ressources parfois temporaires.

C’est une dépendance financière réelle lorsqu’elle est démontrée par les modalités des ententes et leurs conséquences.

En revanche, il serait excessif de conclure que toute contribution d’Ottawa constitue automatiquement une forme de subordination.

La question est de savoir qui conserve le pouvoir de définir les priorités, quelles conditions accompagnent les sommes et comment les décisions peuvent être adaptées aux réalités locales.

Une coopération véritable augmente la capacité d’agir. Une dépendance problématique réduit la marge de décision ou fragilise la continuité des services.

La différence doit être établie à partir des ententes, et non des intentions prêtées aux gouvernements.

Le piège du financement partagé

Le financement conjoint présente un autre risque : la dilution des responsabilités.

Lorsqu’un projet implique Ottawa, Québec, une municipalité, un établissement de santé et plusieurs organismes communautaires, chacun peut jouer un rôle utile.

Mais si les responsabilités demeurent mal définies, un retard peut devenir difficile à attribuer.

Qui devait fournir le terrain ? Qui devait autoriser la construction ? Qui devait embaucher le personnel ? Qui devait assurer le financement après l’ouverture ? Qui devait intervenir lorsque les premières difficultés sont apparues ?

Sans réponses précises, la multiplication des partenaires peut ralentir l’exécution.

Elle peut également permettre à chacun de présenter sa contribution comme une réussite, même lorsque le service n’est pas encore disponible.

Le citoyen voit alors plusieurs gouvernements annoncer des investissements, sans nécessairement constater une amélioration correspondante.

Il faut donc passer d’une logique de participation financière à une logique de responsabilité opérationnelle.

Une entente devrait identifier le décideur, le responsable de chaque étape, la contribution de chaque partenaire, les échéances et les résultats attendus.

Cette démarche doit également respecter la place des organismes communautaires, qui possèdent souvent une connaissance directe des besoins et assurent les interventions quotidiennes.

Les municipalités, de leur côté, gèrent notamment l’espace public, l’aménagement du territoire et certaines interventions de proximité.

Elles sont souvent les premières confrontées aux conséquences visibles de l’itinérance, même lorsque les principaux leviers sociaux et sanitaires relèvent de Québec.

Une meilleure coordination devrait donc réduire les délais et les contradictions administratives plutôt que simplement multiplier les réunions.

Le sommet annoncé : une occasion de clarifier les responsabilités

Le sommet sur l’itinérance envisagé par Paul St-Pierre Plamondon pourrait permettre d’établir ce partage des responsabilités.

Mais sa réussite ne devrait pas être évaluée en fonction du nombre de ministres, de maires ou de représentants présents.

Un sommet demeure une activité. Il ne constitue pas un résultat.

Pour produire des changements concrets, il faudrait notamment établir un portrait actualisé des besoins, identifier les projets immédiatement réalisables et déterminer les obstacles qui empêchent leur exécution.

Il faudrait aussi connaître le financement disponible, sa durée et les services qu’il permettra de soutenir.

La participation d’Ottawa pourrait être utile si elle accélère la réalisation des projets et facilite une coordination financière prévisible.

Elle pourrait devenir problématique si elle ajoute des démarches administratives, impose des conditions incompatibles avec les priorités québécoises ou crée des engagements sans financement durable.

Ces conséquences demeurent toutefois des possibilités à examiner. Elles ne peuvent pas être présumées avant de connaître les engagements précis.

Le sommet devrait également distinguer les investissements destinés à répondre immédiatement aux situations d’urgence de ceux qui permettent de prévenir durablement l’itinérance.

Les deux sont nécessaires, mais ils ne produisent pas les mêmes résultats.

Une place supplémentaire dans un refuge offre une protection immédiate.

Un logement permanent accompagné de services adaptés peut permettre à une personne de sortir durablement de l’itinérance.

Une intervention auprès d’une personne menacée d’éviction peut éviter qu’elle se retrouve sans logement.

Ces interventions doivent être suivies séparément pour comprendre ce qui fonctionne réellement.

La coopération n’efface pas les divergences constitutionnelles

L’ouverture de Mark Carney survient dans un contexte politique particulier.

Le Parti québécois vient de remporter les élections générales et doit former un gouvernement minoritaire. Son projet d’indépendance demeure au cœur de ses orientations, même si la tenue d’un référendum constitue une étape distincte.

De son côté, Mark Carney défend le maintien et le renforcement de la fédération canadienne.

Ces positions sont incompatibles sur l’avenir constitutionnel du Québec.

Elles ne rendent toutefois pas impossible une collaboration dans un domaine où les besoins sont immédiats.

Un gouvernement québécois n’a pas à renoncer à ses orientations constitutionnelles pour participer à un programme de logement. Le gouvernement fédéral n’a pas non plus à adhérer au projet indépendantiste pour financer des interventions relevant de ses politiques.

La coopération peut reposer sur des objectifs pratiques sans entraîner une entente sur le statut politique du Québec.

Mais elle doit respecter une distinction fondamentale : collaborer ne signifie pas fusionner les responsabilités.

Québec demeure politiquement responsable des décisions qui relèvent de ses compétences. Ottawa doit répondre des engagements qu’il prend et des conditions qu’il impose.

Si un obstacle provient d’une règle fédérale, il faut pouvoir la nommer.

Si un problème relève de la gestion québécoise, il faut également le reconnaître.

La question nationale ne devrait pas servir à masquer une difficulté administrative que Québec possède déjà le pouvoir de corriger.

Le résultat devra compter davantage que les annonces

Pour juger de la collaboration entre les deux gouvernements, les citoyens devraient pouvoir obtenir des réponses simples.

Combien d’argent fédéral supplémentaire sera véritablement consacré aux interventions québécoises ? Quelle part sera nouvelle plutôt que reconduite ? Qui contrôlera son affectation ? Quels projets seront financés ? Qui assurera leur exploitation une fois les premières enveloppes épuisées ?

Il faudra également suivre les engagements du gouvernement québécois.

Combien de logements seront livrés ? Combien de personnes bénéficieront d’un accompagnement continu ? Combien pourront conserver un logement stable ? Les interventions permettront-elles de réduire le nombre de nouvelles situations d’itinérance ?

Ces questions sont plus importantes que le partage du mérite politique entre les gouvernements.

La réduction de moitié annoncée par le PQ d’ici 2030 devra être mesurée selon une méthode publique et constante.

Il faudra aussi tenir compte des changements économiques et sociaux susceptibles d’influencer l’itinérance indépendamment des programmes gouvernementaux.

Une variation du nombre de personnes dénombrées ne suffira pas, à elle seule, à démontrer l’efficacité d’une mesure particulière.

La reddition de comptes devra distinguer les sommes engagées, les services réellement fournis et les changements observés dans la vie des personnes.

La véritable question : qui conserve le dernier mot ?

La volonté de Mark Carney de collaborer avec le futur gouvernement québécois ne mérite ni rejet automatique ni approbation sans examen.

Elle représente une ouverture dont la valeur dépendra des engagements qui seront négociés.

Le Québec possède déjà des pouvoirs considérables pour agir contre l’itinérance. Il demeure responsable de les exercer efficacement.

Ottawa peut apporter des ressources utiles. Mais leur contribution devrait être évaluée selon leur capacité à soutenir les interventions plutôt qu’à multiplier les contraintes.

Les municipalités et les organismes communautaires doivent également disposer des moyens nécessaires pour exécuter les décisions prises.

L’enjeu n’est donc pas simplement de savoir si le gouvernement fédéral est prêt à aider.

Il est de déterminer comment cette aide sera organisée, qui assumera les risques et qui répondra du résultat.

Une coopération réussie devrait permettre à chaque institution de connaître ses responsabilités, aux organismes d’obtenir un financement prévisible et aux personnes concernées d’accéder plus rapidement à un logement et aux services nécessaires.

À l’inverse, une entente qui augmente la complexité administrative ou laisse les services sans financement durable risque de reproduire les difficultés existantes.

L’argent public ne devrait pas seulement circuler entre les gouvernements. Il devrait se transformer en capacité réelle d’intervention.

Dans cette perspective, le sommet annoncé constituera un premier test.

Il permettra de voir si Ottawa et Québec peuvent transformer une déclaration de bonne volonté en engagements précis, respectueux des responsabilités de chacun.

Mais le véritable jugement viendra plus tard, lorsque les projets auront été exécutés et les résultats mesurés.

Car pour une personne qui dort dehors, la question n’est pas de savoir quel gouvernement a obtenu le crédit politique d’une annonce.

Elle est de savoir qui lui permettra de retrouver un logement stable, dans quels délais et avec quel accompagnement.

La véritable coopération ne se mesure pas au nombre de gouvernements qui promettent d’aider. Elle se mesure à leur capacité de faire en sorte que l’aide parvienne réellement à ceux qui en ont besoin.


Sources documentaires

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Jean-Christophe Gagnon

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